lundi 29 juin 2020

Toujours au centre la fontaine

LIVRE VI - Fable 100 - (Editions Thot en 2018 - Fabuleux Dédale)





Toujours au centre la fontaine

Au centre de son Univers
Un enfant éveillé par sa naissance
Avait faim du lait de sa mère
Et soif de connaissance.
Depuis des temps immémoriaux
On transmet le savoir sans peine
Appartenant à la poétique de l’eau
De La Fontaine.
Si l’eau coule de source
Il n’y a pas de vie sans elle
Mais pour être immortel
L’Académie est la seule ressource
Pour La Fontaine.
Notre fontaine est un élément du décor
Inscrit dans le pittoresque de nos terroirs
Son eau de vie fait l’énergie des corps
Quand les rimes nous servent de miroirs
Celui qui vient s’y rafraichir
Se trouve en plus orienté vers l’astral
Porté à bien réfléchir
Entre le bien et le mal.
D’un village à l’autre est inscrit au fond des cœurs
L’environnement sociétal
De la fontaine
Menant l’imaginaire des gens au bonheur
Par des morales de justesse médicale.
 Tout nouveau-né porte en lui ces antennes
Des images ornées d’une langue simple
Sagesse populaire issue du mont Olympe.
Grace à la Grèce et ses fontaines
Puis à Rome et ses bacchanales
Grâce à Monsieur de La Fontaine
Et ses saynètes animales
L’espace n’appartient plus au chaos
De par la valeur de leurs eaux.
Car leurs œuvres de la Pléiade
Et les sources divinisées
Par l’importance des naïades
Allouent à tous les nouveau-nés,
Portés sur des fonts baptismaux
Ou autres fontaines édifiant les citoyens,
Les remèdes pour mieux réfléchir à leurs maux
Ou bien les soigner pour leur bien.
A l’aide de moult fabliaux
Appartenant à l’immuable
Fontaine de jouvence,
Gravés dans les divines tables
Suggérant purification et renaissance
Tout est dit sur notre postérité
Sinon notre immortalité.
Lors, tous les jaillissements des vrais altruistes
Pareils à l’eau marquant du beau le centre
Font que La Fontaine notre grand fabuliste
En reste l’épicentre.




dimanche 28 juin 2020

Tout à l'ego pour deux nuisibles

LIVRE III - Fable 39 - (Editions Thot en 2018 - Fabuleux Dédale)




Tout à l’égo pour deux nuisibles

Toute société ne manque pas de méchants.
Cette déviance, ce penchant
Au fallacieux est une came
Pour qui on donne le bon Dieu sans confession.
Voici donc une hippopotame
Qui a le vice pour passion
De folie ne faisant la nique
Que pour la jouissance  d’en faire
Epaulée d’un fourbe moustique
Ami suceur pour mieux déplaire
A toute vie spirituelle.
Oui, braves gens, les âmes faibles sont cruelles !
Elle aimait l’argent par délice
Il aimait la perverse
Et à deux ils buvaient la lie jusqu’au caprice
A en pourrir toute kermesse.
De son seul poids sur son passage elle tuait tout
Néanmoins la malice comblait son bagou.
Sous le fort le faible succombe
Son riche époux en fit une amère expérience
Elle hérita jusqu’à la tombe
L’anesthésiant de ses silences.
Puis cette chipie médisante
En aliéna tous ses amis.
Son comparse par ses piqures incessantes
Transmettait paludisme et fièvres ennemies.
L’ombrageux fut moins difficile
A manœuvrer que le pauvre conjoint trop docile
Il était veule et malfaisant
Niais, servile et médisant.
Séduisante et fort sympathique
Sous son masque toxique
L’herbivore en liesse sautait dans le fumier
Et de plus belle embobinait la confrérie
Le piqueur infirmier
Pompant, tout sot du safari.
La comédienne extravertie
Passait du bien au mal d’un air
Magique et perverti
En profonde tristesse ou immense colère
Détruisant tous les bons usages
Liens, amours, bontés, par d’incessants chicanages.
Le lion sut la chose et manda son limier :
« -J'ai », dit-il, « vent dans ma prairie
D’un vil cheval de mer qui sous des airs de sage
Dénigre tout sur son passage
Il faut que vous y mettiez fin ! »
« - Sire, comptez sur moi ! », jura le détective.
On lui donna os pour la faim
Et pour unique directive
De stopper les deux aigrefins.
« - Comment Dieu vous-y prendrez-vous ? »
« - Par leur tout à l’égo débordant, voyez-vous. »
Donc au palais elle ne fut plus invitée
Chacun chercha à l’éviter
En apprenant les ponctions qu’elle avait pu faire
Après les vaccins de son sbire.
On ne supporta plus qu’elle déblatère
Vu qu’au contact on se portait de mal en pire.
Dès lors la psyché se brisa.
A tort sa jalousie déclencha sa colère
 Le monde elle le méprisa
Tout en multipliant ses actes délétères
Tel un volcan en feu, son ire s’attisa
Multipliant ses duperies
Mesquine et malicieuse
Elle s’offusqua même de ses tromperies.
Vipérine et pleureuse
Elle s’en prit au moustique.
De folie, de furie elle en eut tous les tics
Si bien que le vrombissant insecte en pouffa
Tant, qu’elle s’étouffa
Lorsqu’elle l’avala.
Les malfrats dézingués, on s’en arrêta là.
Ayant confié sa rhétorique,
Validé la mise en pratique
Que l’être est mieux que le paraître
Le limier revint dormir aux pieds de son maître.
Le « Moi » est souvent l’ennemi
Avant d’être tyran des autres
L’emprise et l’abus ne sont que pures infamies
Pour les diseurs de patenôtres.
A quoi bon abuser, à quoi bon s’écharper
Rien ne sert de duper, tricher ou larmoyer
Car qui veut trop avoir laisse tout échapper
Amitié, santé, vie, foyer.