vendredi 5 juin 2020

Au diable le jaloux

LIVRE VI - Fable 123 - (Sur Plumes & Rimes en Janvier 2019)



 
Au diable le jaloux

Dans l’hémisphère sud, au pays d’Oz
Un diable de Tasmanie veut trouver ami
A berner et pour ça il ose
Affronter l’infamie.
En cheminant il n’en croit pas ses yeux
En croisant un ornithorynque
Une étrange bestiole au genre ignominieux
C’est sûr ! Cette bête à Dieu, il faut qu’elle trinque.
« - Belle fourrure l’ami ! » l’interpelle-t-il
« Votre style est vraiment subtil… »
Qu’on lui porte ainsi intérêt
L’idiot était plus heureux que jeanfoutre.
« - J’ai la pelisse épaisse et des pattes de loutre
Un bec de canard affairé
Une queue de castor
Pour un fantasmagorique corps pondeur d’œufs. »
Un horrible monstre ! Pensa très fort
Le diable quémandeux.
Lors marchant tous deux sur la plage
Ce nouvel ami, lui hurle tout d’un coup : « - Stop ! »,
Le marsupial surpris voit sortir du feuillage
Un superbe mandarin et s’écrie : « - C’est top !
Ça c’est un vrai et beau canard ! »
Grave erreur de sa part.
Comparer le mammifère pondeur
Qui cherchait à le prévenir
D'un trou ouvert devant lui à périr
Etait franchement brocardeur.
Explications futiles
Concours de circonstances
Et autres palinodies inutiles
Pour faire repentance
Demeurèrent fortuites
Menant in fine vers la catastrophe
De cette folle jalousie induite.
C’est suite à l’apostrophe
Que l’étrange bête à l’allure de reptile
Avec sur les côtés du corps, pattes agiles
Munies d’aiguilles venimeuses
Se montra dangereuse.
Tout blesse le jaloux et rien ne le guérit
Le faisant bien plus méchant qu’un chien enragé
La vraie chimère de vie, outragée
Jeta le diable aux enfers pour sa lourderie.
Le malheur n’entre guère en sorte
Que lorsqu’on lui ouvre la porte.



2 commentaires:

  1. Le malheur n’entre guère en sorte, que lorsqu’on lui ouvre la porte. Il n’y a rien à rajouter à cette morale, c’est l’évidence même, merci à vous Daniel de nous le rappeler. Merci pour le partage, je ne vous connaissais pas, maintenant c’est réparé je vous suivrai. Merci encore.

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  2. Excellent. Bravo pour l’inspiration ! Vos fables ne sont pas faciles, faciles ! Mais elles incitent à rere-lire et re-réfléchir. Avec ce blog, ce n’est pas facebook, ici on est plus proche de nos valeurs. Merci Daniel pour ce partage. Anne.

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