lundi 20 juillet 2020

Le Cerf et les deux Chiens

LIVRE I - Fable 3 - (Editions Thot en 2018 - Fabuleux Dédale)



Le cerf et les deux chiens

C’était l’époque dévolue au brame
Mais en vain se devint celle d’un drame.
Un beau seigneur des bois envisageait ses noces
Et sur son territoire en faisait le négoce.
Plus enclin au terrain
Des arbres verts dont il se régalait d’écorces
Il préféra brouter leurs pousses, à la force
D’un combat de merrains
Repoussant à demain
Son choix de libertin.
Le danger survenant
Comme tombe la foudre
Il partit galopant
Sans autre grain à moudre
Il détala comme un lapin
En oubliant sa faim.
D’un cri, d’un bond, d’un saut
Le conducteur des âmes
Avait quitté la harde ou se trouvait sa biche
Pour fuir devant l’assaut
Abandonnant sa dame
Car les fiers Poitevins n’étaient pas à la niche.
Vouvray et De Beaumont
Les deux limiers à l’encolure dégagée
Par finesse de nez et vitesse engagée
Menaient la meute au front.
Dans la beauté des bois
Cerf et chiens aux abois
Le premier dans sa fuite
Les autres à sa poursuite
S’enfoncèrent aux tréfonds.
Dès lors le bataillon
Mis plusieurs heures à forcer le beau marginal
Qui dans l’adversité s’était mis à couvert.
Les chiens de vénerie le prirent à revers
Et dans la perfection le tinrent au final.
« Qui te crois-tu pour fuir ainsi notre attelage ? »
Lui demanda Beaumont les babines humides.
« Je me marie demain, de mes bois j’en ai l’âge. »
Vouvray le regard noir expressif et limpide
Aboya : « De toi nous allons faire curée
Et n’avons que faire de tes atermoiements ! »
« Esclaves vous êtes et l’enfer si je mens
Je prône liberté pour vos vies torturées. »
Rétorqua l’animal
Dans un brame fatal.
Maladresse innommable !
Le fier cerf fût déchu et y trouvât le diable.
On l’avait alerté
Même le lilas blanc a une ombre portée
Éludant le conseil
Le plus beau lendemain ne nous rend pas la veille.


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