mercredi 11 novembre 2020

Des deux Loups

LIVRE IV - Fable 46 - (Editions Thot en 2018 - Fabuleux Dédale)






Les deux loups

Un loup sorti de sa tanière
Très loin du Gévaudan, a de belles manières
N’entendant rester seul
Il entend voir le loup.
Point question de se jeter dans sa gueule
Non plus de jouer au filou
Il grogne, gronde, hurle et ameute
Afin de rejoindre la meute.
Il est empli d'humanité
Sans même un fond de cruauté
Mais sachant son espèce tellement honnie
Il veut juste transmettre paix et harmonie.
A ses cris, le berger, en chasseur convertit
Hèle ses voisins qui s’assemblent pour sa perte.
Celui qui se veut chien en défend son parti.
La belle découverte !
Ils le prennent en joue.
C’est là que tout se joue !
Voilà affaire bien cruelle
D’être porteur d’amour de haine universelle.
« Ayant grand faim de loup, Si vous me nourrissez
Je garderai troupeau
Et vos chiens renforcés
Créerai famille et louveteaux
Qui feront votre renommée
Comme la Rome antique.
N’est-ce pas romantique ? »
Disant ces mots, la meute, à pas de loup, surprise
Affamée, ainsi diffamée
Pour punir sa traîtrise
Se jette sur leur congénère.
Là où le loup mange sa mère
La troupe n’en fit que quelques bouchées
Sans que cille un berger. Puis ainsi alléchés
Ils se tournèrent vers les gardiens
Leurs moutons et leurs chiens
Qui après avoir rit
Du malheur du chien loup
Se trouvaient fort marri
D’avoir à affronter les loups.
Faute d’avoir sauvé le doux
Ils durent assaillir les garous !
La cruauté nourrit la haine
Et la force livre sans peine
Les cœurs que l’on foudroie
De croire aux vertus de la foi.
Ainsi a-t-on deux loups en nous
Le gagnant est celui qui se nourrit
De venin, de peur, de doute, et de rage, aigri
Ou d’amour et savoir par les liens qu’il dénoue.



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