mardi 3 novembre 2020

Le vieil homme affable

LIVRE III - Fable 32 - (Editions Thot en 2018 - Fabuleux Dédale)


Le vieil homme affable

Il la regardait sourire depuis toujours
Dans sa lumineuse splendeur
Ecoutant toutes ses ritournelles d’amour
A ne plus voir passer les heures.
Elle était belle, elle était fraîche
Vive et claire livrant ses flèches
Pour notre vieil homme elle était inoubliable
Elle se prénommait Fable.
A son insistance elle voulut remédier
Etant bien éduquée :
« Vous m’avez toujours étudiée
Pour ne pas dire reluqué
Curieux, sur votre banc d’école
Puis très exalté sur celui des amoureux
A l’abri de tout protocole
Jamais mise au ban des niaiseux
J’ai pour vous toujours le même âge
Celui de La Fontaine.
Je suis boussole d’aiguillage
Chantant calembredaines
Sans aucun préavis
Jolies fredaines de la vie
Avec tant de véracité
Que l’on regarde son enfance
Dans mes moralités
En buvant mon eau de jouvence. »
« Pour vous dire la vérité
C’est grâce à cette assiduité
Que Fable vous me gardez jeune
Par vos propos dont je ne jeûne. »
« C’est à ces fleurs du temps
Que l’on passe son temps
De toujours avoir poursuivi
D’être libre et non asservi. » 
« J’ai souvent à l’esprit cette unique question :
Qui suis-je ? » « Ne vous en bloquez pas le larynx
C’est la question du sphinx.
Je vous fais cette suggestion :
Le corps est le cierge de l’âme
Qui reluit dans la nuit
Notre crane est le siège de l’esprit, la flamme
Qui brillant tous les jours nous évite l’ennui.
La vie n’est qu’une longue enfance
Qui avec le temps nous aiguise
Au temps de la confiance
Même si les ans nous déguisent,
Il faut sans cesse s’étonner.
Je suis là pour laisser des traces
Quand la rancœur et sa sœur l’aigreur nous menacent
Il ne faut pas se reprocher
De vouloir rester jeune en vie.
Je suis née Fable, et je reste un écrit
Qui comme un premier-né n’a que pour seule envie
De comprendre en poussant des cris.
Bref en lisant mes vers
A tort et à travers
Pour mieux goûter la sénescence
Pour mieux se connaître soi-même
Celui qui me lit a le gène de l’enfance
Celui de l’églantine, et non du chrysanthème. »







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