dimanche 15 novembre 2020

Le Souriceau et les vamps

LIVRE III - Fable 33 - (Editions Thot en 2018 - Fabuleux Dédale)



Le souriceau chez les vamps

Aux tréfonds d’un terroir aux lieux déshérités
Où le sens du pays coule au travers des veines
Un souriceau avait grandi et mérité
Du sang de ses aïeux à rester hors des peines.
Un jour venu quittant logis et ses mentors
D’une vision fulgurante
Il ne perçut point l’intuition murmurante
Lui suggérer qu’il avait tort
De partir seul affronter les suceurs de sang.
Lors notre frêle adolescent
Se trouva au pays des vamps.
Et très vite il perdit la rampe
A tort plus qu’à raison
Je vais en faire l’oraison.
Disons que c’est le conte
D’un médecin hématophage
Original se disant comte
En dormant dans un sarcophage.
Il pourrait être le diable de Tasmanie
Ou bien vivre en Transylvanie
Les piqures étant sa manie
Pour tout un chacun, le banni.
Ses trois filles vivaient au château
Pour ne pas suer sang et eau
Se repaissaient du sang
De leurs labeurs évanescents.
Lorsque notre souris les rencontra de nuit
Le minot réfuta le côté salutaire
Son égo disait le contraire
Et l’égo l’emporta, important les ennuis.
Ses trois nouvelles amies lui sautèrent au cou
En tant que châtelaines
Obtinrent sa promesse de tenir le coup
A leurs ponctions mondaines.
La première se dit sociale
Sa ponction parut amicale
Mais la seconde était fiscale
Et sa ponction fut inégale
Notre dernière était raciale
Et sa ponction fut déloyale.
Elles en prirent tellement goût
Du délicieux et de l’exquis
Qu’il en perdit tout son bagou
Et en devint tout rikiki.
Après des heures de morsures
Avides bouches en sang pourléchant ses blessures
Nos trois vamps rassasiées stoppèrent l’escalade
Voyant le souriceau dans sa dégringolade
A tel point qu’il en tomba malade
En se faisant du mauvais sang.
Le comte médecin dérangé pour son rang
Diagnostiqua que sa santé était trop fade
Et que quelques saignées
Devaient être enseignées.
Les parents souris alertés
Ne crurent à l’extrême ponction !
Seuls ceux qui ont amour sincère en vérité
Donnent leur sang à la nation :
Ils n’avaient jamais vu vent pire
À faire chuter un empire
Et ils craignaient le pire
De voir un jour venir chez eux de tels vampires.
La liberté prend la couleur du rouge sang
Quand les prédateurs impunis
Mettent sous un joug vil moult gens
Par une couleur embrunie.
Nos parents poursuivirent
Leur souriceau, ils l’approchèrent
Ils le virent dans sa misère
Le caressèrent, lui redonnèrent la mire
Réitérèrent l’horreur du sang
Et des tentations de Satan.
Il avait pour lui l’expérience
Et devait en faire science.
Il sortait de l’enfer
N’entendait plus se laisser faire.
D’un clin d’œil à son vieux il lui donna raison
Un sourire à sa mère fut réjouissant
Rien ne vaut les vrais liens du sang
Pour accomplir sa guérison.



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