LIVRE VI - Fable 120 - Ma dernière fable Inédite.
L'hyène, le daim et le taureau
Une hyène qui rodait dans la nuit
Tomba dans un trou très profond
Elle bondit, gratta, sauta, rien n’y fit
Pour se tirer du fond.
Un daim s’étant perdu par là
Fut d’abord averti par elle
Pour qu’il s’enquît d’une échelle.
« Mon frère… », lui dit-elle, « …Sortez-moi de là
Je vous dirai les friches de landes incultes. »
« Arrêtez ce tumulte !
De mes acquis je vous connais cruelle
Et vous sortir du trou, serait pour moi mortel. »
« Mais, non », dit-elle d’une voix plus douce
« Si vous venez à ma rescousse
Je vous serai à jamais une amie fidèle. »
Aussitôt dit aussitôt fait
Le daim la crut et lui lança attelle.
Hors du trou, il connait illico les méfaits
De la bête brutale
Qui le mord jusqu’au sang,
Ses pleurs ne sauraient le sauver d’un sort fatal.
Soudain vient à passer chemin traversant
Un taureau de Camargue
Qui stoppe la durée
« Que nous vaut cette hargne
Expliquez votre curée.
Le daim saignait, boitait
Souffrait tant il ne pouvait expliquer
L’hyène fit un mensonge espérant s’en tirer
L’histoire est emboitée.
Terrorisée par le taureau
Elle tomba dans son tombeau.
J’ignore comment sera fait le lendemain !
L’hyène méchante se retrouva dans le flou
D’un avenir au noir décor.
Finalement on s’en lave les mains.
Elle resta dans son trou
On dit qu’elle y est encore.




