lundi 5 octobre 2020

L'Hyène, le Daim et le Taureau

LIVRE VI - Fable 120 - Ma dernière fable Inédite.


 

L'hyène, le daim et le taureau

 

 

Une hyène qui rodait dans la nuit

Tomba dans un trou très profond

Elle bondit, gratta, sauta, rien n’y fit

Pour se tirer du fond.

Un daim s’étant perdu par là

Fut d’abord averti par elle

Pour qu’il s’enquît d’une échelle.

« Mon frère… », lui dit-elle, « …Sortez-moi de là

Je vous dirai les friches de landes incultes. »

« Arrêtez ce tumulte !

De mes acquis je vous connais cruelle

Et vous sortir du trou, serait pour moi mortel. »

« Mais, non », dit-elle d’une voix plus douce

« Si vous venez à ma rescousse

Je vous serai à jamais une amie fidèle. »

Aussitôt dit aussitôt fait

Le daim la crut et lui lança attelle.

Hors du trou, il connait illico les méfaits

De la bête brutale

Qui le mord jusqu’au sang,

Ses pleurs ne sauraient le sauver d’un sort fatal.

Soudain vient à passer chemin traversant

Un taureau de Camargue

Qui stoppe la durée

« Que nous vaut cette hargne

Expliquez votre curée.

Le daim saignait, boitait

Souffrait tant il ne pouvait expliquer

L’hyène fit un mensonge espérant s’en tirer

L’histoire est emboitée.

Terrorisée par le taureau

Elle tomba dans son tombeau.

J’ignore comment sera fait le lendemain !

L’hyène méchante se retrouva dans le flou

D’un avenir au noir décor.

Finalement on s’en lave les mains.

Elle resta dans son trou

On dit qu’elle y est encore.

 

 

 

 

 

 

 

 

dimanche 4 octobre 2020

Le Coq et ses Poules

LIVRE II - Fable 22 - (Editions Thot en 2018 - Fabuleux Dédale)


 
Le coq et ses poules

Socrate nous parle du coq
Courageux autant que sacré.
Ces volatiles de bicoques
Se font néanmoins massacrer.
Divin parangon des animaux vaniteux
Beau, curieux, crête rouge, élégants barbillons
L’histoire d’un coq chichiteux
M’amène à le défendre plus que de raison.
Des doutes le rongeant entre faire et ne faire
Vont en démotiver son chant
Arrêtant l’horloge des champs
Entérinant toute l’affaire.
Le retour d’une poule qu’il avait aimé
Le forçait à choisir et donc à renoncer
L’obligeant au deuil des autres gallinacées
Gommant celui de qui il l’avait déjà fait.
Ni détaché ni libre, il ne pouvait choisir
Meurtri sous la pression, par son indécision.
Il dit ne plus vouloir chanter ni reproduire
Se passant du croupion dans cette indivision
Et ne vola plus dans les plumes.
Son sérail sans œufs se déplume
Si tant est que son maître, qui n’était devin
En amour quelque peu bourrique
Trouva un autre coq lubrique
En festoyant le nôtre au vin.
Il n’est point de patience en amour aux abois
Il n’est que troubles déments qui se manifestent.
Vrai ! L’indécision est funeste
Tout autant que le mauvais choix.



vendredi 2 octobre 2020

Les Naïfs et le Madré

VII - 120 Les Naîfs et le Madré

Les naïfs et le madré

 

Tout vilain prédateur

Joue entre le bien et le mal

Démontrons-le sur l’heure

Par une historiette animale.

Un beau pigeon biset

Très ramier et volage

Se disant globe-trotteur dégoisait

En rageant d’être en cage.

Une riche écrevisse attendait impériale

Un prétendant dans son bocal

Pour un grand amour mémorial

Avec un grand crabe royal.

Ces deux hurluberlus

Vivaient maintenant en reclus

Tous deux s’étant fait prendre

Aux ruses de maître Renard.

L’emplumé qui portait nouvelles tendres

Au rusé, avait cru le roux roublard

Proposant d’arrêter ses tires d’ailes

Pour une aire de repos fraternelle.

Volaille avait donné argent

Puis enfermé, le goupil avait insulté.

La deuxième sensible à l’entregent

Du malin, lui livrant stratagème en beauté

Pour attraper son crabe en monnayant argent

En fut tant appâtée

Qu’elle donnât à profusion sans coup férir ;

Et le résultat fut loin de la faire rire.

« J’ai trouvé bon que l’on te troublât l’eau

Pour que tu l’entrevisses »

Lui susurra notre finaud.

Dans le sable du pot, du crabe l’écrevisse

N’en vit rien !

Elle lui débita tous les noms de vaurien. 

Jamais le crustacé n’épousa le beau crabe

Jamais notre pigeon ne refit de voyage.

Maître Renard, bien enrichi tel un nabab

Aurait pu les relâcher. Mais leurs vils outrages

Le convainquit de leurs forfaits.

Il croqua le pigeon aux écrevisses pour sûr.

Qui oublie les bienfaits

Se souvient des injures.

 

 

 

 




jeudi 1 octobre 2020

Cro Courroux

 LIVRE V - Fable 78 - (Editions Thot en 2018 - Fabuleux Dédale)

Cou courroux

 

Sur la branche d’un figuier une tourterelle

Pleure son compagnon infidèle

Car le tourtereau a quitté le nid

Suite à un embrouillamini

Dû à une autre demoiselle

Qui l’attirait à tire d'aile.

Triste, elle refuse pitance

Les yeux pleins de souffrance

En fuyant nature et soleil

Seule, honnie, attristée à nulle autre pareille.

En se serrant, se bécotant

Jamais n’eut-elle amant autant

Et c’est en lui laissant prendre la citadelle

Que leur union révéla l’infidèle.

De leur foi sur l’arbre où ils roucoulaient

Guettant rosée et araignées

Jamais tourterelle ne sera consolée

Pour avoir été dédaignée.

Oui l‘amour d’oiselle peut être massacré

Même marqué du collier noir bordé de blanc

Venant de sa Turquie où elle était sacrée

Par son chant monotone et lancinant.

L’infidélité est comme la mort

Et n’a pas de nuances

Si colombe trompeuse a des remords

Fidèle tourterelle a des regrets immenses.

Ainsi le don Juan accroc de son désir

De l’excitation des conquêtes

Voit l’acmé du plaisir

A ne pas succomber aux liens de la layette.

Du mariage boiteux

Le volage use de béquille

Prend des libertés d’avenir douteux

En laissant dans la plaie l’esquille

D’un lent poison d’amour

Pour le bel oiseau gourd.

Toute tourterelle devrait se prémunir

Par un battement d’ailes

Car elle n’a pas besoin du triste sire

Qui n’a pas besoin d’elle.

 

 

 

 





mardi 29 septembre 2020

Dans la nuit des temps

LIVRE III - Fable 34 - (Editions Thot en 2018 - Fabuleux Dédale)


Dans la nuit des temps

Quand Mythe rencontra Légende
Il en tomba fol amoureux
Car de métaphysique elle était très friande
Lui appréciant tant ses récits aventureux.
Ils étaient désireux à deux
De ne créer que des heureux.
De l’union naquirent des nuées d’enfants diables
Pour qui ils donnèrent à tous le prénom de Fable.
De parents éduquant sur le bien et le mal
Les enfants en trouvent d’autant mieux la morale.